Extrait de lecture… à méditer

7 03 2006

F. Nietsche, Le Gai Savoir, “La plus grande utilité du polythéisme”

“Que l’individu se fasse à lui-même son idéal pour en déduire sa loi, ses plaisirs et ses droits, voilà bien qui jusqu’à présent a passé pour la plus monstrueuse de toutes les aberrations humaines ; c’était l’idolâtrie en soi ; de fait, les rares qui l’osaient avaient toujours besoin d’en faire l’apologie à leurs propres yeux… Ce fut la force merveilleuse, l’art étonnant de créer les dieux, le polythéisme, qui permit à cet instinct de se décharger, se purifier, se perfectionner, s’ennoblir… Le monothéisme, par contre, cette rigide conséquence de la doctrine de l’homme normal, – cette foi donc, en un dieu normal auprès duquel il n’y a plus que faux dieux – a peut être été jusqu’à présent le plus grand danger de l’humanité… Dans le polythéisme on rencontre déjà une première image de la libre pensée, de la polypensée de l’homme : la force de se créer des yeux neufs, personnels, toujours plus neufs, plus personnels.

cité dans Le nouveau polythéisme de David L. Miller

(le soulignement est de moi :o )