Extrait de lecture… à méditer

7 03 2006

F. Nietsche, Le Gai Savoir, “La plus grande utilité du polythéisme”

“Que l’individu se fasse à lui-même son idéal pour en déduire sa loi, ses plaisirs et ses droits, voilà bien qui jusqu’à présent a passé pour la plus monstrueuse de toutes les aberrations humaines ; c’était l’idolâtrie en soi ; de fait, les rares qui l’osaient avaient toujours besoin d’en faire l’apologie à leurs propres yeux… Ce fut la force merveilleuse, l’art étonnant de créer les dieux, le polythéisme, qui permit à cet instinct de se décharger, se purifier, se perfectionner, s’ennoblir… Le monothéisme, par contre, cette rigide conséquence de la doctrine de l’homme normal, – cette foi donc, en un dieu normal auprès duquel il n’y a plus que faux dieux – a peut être été jusqu’à présent le plus grand danger de l’humanité… Dans le polythéisme on rencontre déjà une première image de la libre pensée, de la polypensée de l’homme : la force de se créer des yeux neufs, personnels, toujours plus neufs, plus personnels.

cité dans Le nouveau polythéisme de David L. Miller

(le soulignement est de moi :o )





Humour païen

2 02 2006

Au fil de mes pérégrinations online, j’ai découvert une petite merveille :

Oh my Gods !

http://ohmygods.timerift.net

Une petite bd païenne, qui tourne quotidiennement depuis presque trois ans, et dont les personnages sont tout choux :

Stan, le wiccan gay

Véra, la wiccane lesbienne qui tient une boutique éso

Le Pape en guest star !

Les 3 Futhark boys

Les pom-pom girls du Christ

Fundie, le prêtre fondamentaliste

Les adeptes de la secte du Poisson Cosmique

… et tant d’autres plus vrais que nature.

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Le beignet

13 12 2005

extrait de All one Wicca de Kaatryn MacMorgan, trad. Kirei

LE BEIGNET

L’inspiration nous vient parfois de lieux bien étranges, dans ce cas, d’un beignet.

Pas n’importe quel beignet, un beignet nature… seul, ennuyeux, marron, sans goût, parfaitement normal et juste là dans une boîte qui en contenait neuf au départ, trois à la canelle, trois au sucre, et trois natures.

Pendant deux semaines, ce beignet est resté là tout seul dans une boîte chez les parents de mon amoureux, personne n’en voulait, personne ne s’en occupait. Lorsqu’il a disparu avec la boîte et tout le reste, j’ai été trop embarrassée pour demander où il était passé, donc je me suis tue, et j’ai pensé à lui. Vous savez, j’étais désolée pour ce beignet, on l’avait privé d’un enrobage sucré, il a séché, vieilli, et on l’a jeté, juste parce qu’il n’était pas spécial.

Ce beignet était comme l’humanité, comme trop de gens qui, pour avoir une étincelle de différence, un soupoudrage d’importance, s’en remettent à ceux qui sont à la cannelle, sucrés ou recouverts d’un glaçage au chocolat, ou, pire encore, qui regardent vers les cieux et le paradis en attendant d’être remplis par le flan céleste, ou la crème à la fraise, ou la compote de pommes, pour devenir différents, spéciaux, IMPORTANTS.

Vous savez, il y a une certaine beauté dans un beignet nature.





Wiccan Warrior

11 11 2005

Voilà quelques extraits de ma dernière lecture. Profitez-en, ça en vaut la peine :

  • Ne vous souciez pas de ce que vous avez pu être (ou n’avez pas été) dans le passé. L’important c’est ce que vous voulez être aujourd’hui.
  • L’excellence ne s’obtient pas par l’accumulation du pouvoir. Le guerrier wicca parvient à la maîtrise en apprenant à utiliser plus efficacement le pouvoir mis à la disposition de tous. Le pouvoir n’est pas un bien à posséder; il est une réalisation.
  • Sun Bear : ” Sur la voie du pouvoir, la première étape consiste à regarder le système, l’éclat des néons, le glamour, tout le tape-à-l’oeil, et à dire : “Je ne crois pas à cela” “.
  • La guerrière wicca est une réaliste dotée d’une grande curiosité intellectuelle. Elle se doit d’être honnête avec elle-même et avec les autres. Elle doit poser des questions. Notre système de croyances ne remplira son objet que si nous prenons en compte d’où nous venons et montrons de l’application à l’étude. Si nous manquons d’objectivité en ce qui concerne nos origines, sur quels autres points serons-nous prêts à transiger ? Si nous pouvons être honnêtes, nous pouvons être efficaces, car l’honnêteté nous rends objectifs. Nous sommes alors en mesure de rechercher ce qui nous réussit et de renoncer à ce qui ne nous convient pas. C’est la voie du Guerrier.
  • -Je ne vous la cite pas en entier mais la Conclusion vaut son pesant d’or- Etre un Guerrier, c’est oser être plus que ce qui vous semble possible. C’est prendre le risque d’exceller, accepter de devenir ce que l’on peut être de mieux. C’est prendre la responsabilité de changer votre vie au lieu d’être le jouet du changement.

J’avais un a priori sur cet ouvrage… les arts martiaux ne m’ont jamais particulièrement attirés, et j’ai donc eu du mal à rentrer dans la comparaison avec la Wicca. Mais c’est bien ficellé, et j’ai retrouvé des choses que je connaissais… à force de cotoyer des ‘guerriers’ HEATHEN WARRIORS !

Kerr Cuhulain, Le Guerrier Wicca, éditions du Roseau.





Minute poétique… mais pas innocente.

30 08 2005

 PAIENNE

Je danse nue,
Sous la pleine lune,
Je me détourne des églises,
Ne gardant en mon cœur,
Que leur beauté et leur chant.
Je me glisse,
Sans vêtements,
Dans l’eau de la rivière lentement,
L’eau cristalline et fraîche,
Réveillant mes sens.
L’énergie court dans mes doigts,
Dans mon cœur,
S’éveille ma foi,
Dans ma gorge
Gronde ma voix.
J’entends encore les cloches
Et les prières des églises,
Où, païenne,
Je ne suis plus admise.
Car j’ai quitté ses chemins,
Tous tracés d’avance,
J’ai voulu m’aventurer,
Vers l’inconnu,
Vers l’interdit,
Vers les plaisirs,
Vers l’absolu.
Je ne me suis ni salie,
Ni perdue,
Et je n’ai rencontré nul démon,
Dans le désert,
Nul diable dans la tentation.
Sur mon front j’avais,
L’invisible croix,
Dans mon cœur,
J’avais cette foi,
Du Dieu des églises.
J’ai appliqué
Ses enseignements,
J’ai récité ses prières,
J’ai marché
Dans ses sillages moulés,
Et j’ai prié, prié, prié…
Lui offrant mon cœur et mon âme,
Ma foi et sa flamme.
Mais un vent ancien a soufflé,
Venu des temps anciens,
Et l’a éteinte.
Au regard des hommes,
De l’homme,
Je suis une païenne,
Pour avoir fait d’autres choix,
Que de croire en Toi.
Mais si il est vrai
Que Ta bonté est grande,
Autant que Ton pardon,
Tu pardonneras,
À celle qui fut,
De Tes enfants…
Et si c’est vrai,
Que Tu règnes là-haut,
Tu es le seul juge,
Les hommes n’ont pas droit de regard,
Ou de jugement
Sur l’engagement de ma foi,
Et sur les croyances de mon cœur.
Si Tu existes,
Les hommes se sont sûrement trompés,
Et Tes paroles ils ont mal interprété.
Ou ils ont pris ce qui les accommodait.
À travers Toi,
L’homme
Essaie de s’élever
Au-dessus de son semblable,
Son frère…
Je n’ai pas envie,
De porter Ta croix,
J’ai envie d’aimer,
Sans culpabilité,
Et de prendre ma place de femme,
Dans ce monde d’hommes,
Sans être diminuée,
Au rôle d’une laveuse de pieds.
Ou d’une vierge sacrée,
N’ayant pas le loisir
De son désir.
De Toi je garderai,
La rigueur et la bonté,
Mais nos routes se sont séparées,
J’ai bifurqué,
Sur un autre droit chemin,
Sur un autre sentier que le Tien.
J’ai tendu les mains vers la Lune,
J’ai enfoui ma foi,
Dans le ventre de la Terre,
Notre mère.
Les étoiles me guident,
Le soleil m’éclaire,
Mes chants sont
Pour les nuits dans la forêt,
Je n’ai aucune honte de mon corps,
Aucune honte à me donner,
À aimer.
Si c’est tout cela être païenne,
Je le suis,
Même si de moi,
Vos yeux se détournent,
Même si vos mains me fuient,
Et que vos langues pour moi,
N’ont que du venin…
Ma foi est ailleurs,
Différente de la vôtre,
Mais semblable, je vous demeure.
L’amour et la bonté,
Animent encore mon cœur.
Ma foi a changé de visage,
Sans changer le mien.
Je n’ai pas perdu mon âme,
Je ne me suis pas offerte
À aucun habitant de l’enfer.
Je suis païenne,
Sacrilège à vos yeux aveugles,
Mais j’ai gardé,
Le respect et l’amour,
Et toute mon humanité.
Je veux toujours aider mon prochain.
Je ne suis point une offense,
Au Dieu que vous aimez.
J’ai changé mes prières,
Je suis païenne,
Mais libre,
Et j’ai encore toute ma capacité d’aimer…
Je ne suis point impure,
Une licorne me laisse la monter…
Je n’ai plus ma place,
Dans vos rangs d’oignons,
Mais j’ai encore toute ma raison.
Sur le dos de la licorne,
J’effleure vos rêves,
Vous qui n’osez pas.
J’écoute vos soupirs,
À vous qui n’osez pas…
J’entends vos doutes et vos colères,
Et je sens sur ma peau et mon cœur,
La dureté de vos propos,
Les griffes de votre envie,
Les crocs de votre jalousie,
Les sueurs de votre incompréhension.
Mais pour votre bonne conscience,
Vous qui me condamnez,
Du nom de païenne,
Vous m’avez baptisée.
Dire que pour la seule raison,
Du fait que j’embrasse le ciel et la Terre,
Que je m’agenouille pour les prier,
Pour cette seule différence,
Il fut un temps,
Où l’on m’aurait indiqué le bûcher.
Le feu,
Pour m’être mise à genoux,
Devant d’autres Dieux.
Les brûlures,
Pour tout pardon.
Je ne crois pas que ce fut,
Jamais cela,
La parole de votre Dieu,
Mais bien celle que l’homme en a fait.
De tous les temps,
À aujourd’hui,
Vos yeux ont-ils oublié de voir,
Que bien avant d’être païenne,
Je suis humaine?

Creirwy, 20 mai 2002.